Montreux, 11 juin 2016. Des sociétés de musique concourent par dizaines lors de la Fête fédérale de musique. Parmi elles, l’Harmonie lausannoise défend les couleurs vaudoises en catégorie Excellence, avec un concert en salle et une parade dans les rues de la ville. Retour sur une journée riche en émotions.

Il est 16h30. Les musiciens se sont donné rendez-vous devant l’Auditorium Stravinski de Montreux dans lequel ils joueront dans un peu plus de deux heures. Les foulards ou cravates rouges, signes distinctifs de l’Harmonie lausannoise, sont déjà noués.

Le président de la société de musique, Jean-Daniel Buri, conduit les musiciens à travers les dédales du bâtiment. Pour poser leurs affaires, les 65 instrumentistes n’ont qu’un petit box de quelques mètres carrés, accolé à ceux des autres fanfares. La chaleur est étouffante. « On attend ici 45 minutes ! », annonce Jean-Daniel Buri.

Jean-François, le porte-drapeau de l’Harmonie lausannoise, se réjouit que le concours se passe en Suisse romande. « C’est déjà ma 5ème ou 6ème fédérale, mais c’est fantastique que ça soit dans la région », sourit-il. Les musiciens sont détendus, les discussions animées. « T’es stressée toi? Moi pas », lance en riant le clarinettiste Willi à sa collègue Carole, percussionniste.  « Non, pas de stress », confirme-t-elle. « Ça fait depuis septembre qu’on travaille notre pièce de choix », précise la jeune femme.

Une heure plus tard, l’Harmonie lausannoise se met en route le Montreux Plaza, dans lequel une salle de chauffe est prévue. Les musiciens pourront y répéter pendant près de 45 minutes. La météo est incertaine, mais Jean-Daniel Buri annonce que le concours de défilé,  plus tard dans la soirée, aura bien lieu. Rires nerveux. « Tout le monde préfère jouer dans une salle que défiler », avouent les bassonistes Raphaël et Lio, qui sont quant à eux exemptés de parade à cause de la fragilité de leur instrument.

L’Harmonie lausannoise est installée. Stéphanie Jaquier, la directrice, entame la répétition. « Ne vous fatiguez pas, c’est juste pour nous mettre en route ». Quelques envolées de notes et fortissimos plus tard, la cheffe d’orchestre est ravie. « Vous êtes en forme aujourd’hui! »

Le concours a du retard. C’est à 19h20, au lieu de 18h50, que les musiciens font leur entrée sur la scène du célèbre Auditorium Stravinski. « J’ai les mains moites. C’est Stravinski, quand même, ça met la pression », reconnait Fabienne, soliste à la flûte. L’orchestre entame sa prestation avec Guernica, la pièce imposée à chaque ensemble de la catégorie Excellence. Les notes sont précises, les solos vibrants, le final en puissante apocalypse.

L’ensemble enchaîne avec le morceau de choix, Poema Alpestre. Les duos de flûte et hautbois ainsi que les douces sonneries de cor résonnent dans la salle boisée. Après une quarantaine de minutes de musique, les applaudissements du public sont nourris. Le jury annonce son verdict: 281 points sur 300 pour la pièce imposée et 270 points pour la pièce de choix. Les musiciens sont ravis de leur score, qui leur permet de prendre la sixième place du classement sur les 15 ensembles de cette catégorie.

Pas le temps de se reposer, le concours de défilé les attend encore. Tout est chronométré: ils concourent à 20h57 très exactement. La directrice contrôle une dernière fois l’alignement de ses musiciens, puis présente son ensemble au jury, qui inspecte consciencieusement l’harmonie à l’arrêt. La parade démarre dans le soleil couchant. À l’arrivée, les musiciens doivent marcher sans musique et s’arrêter très précisément. Les encouragements des autres fanfares rythment leurs pas: « Eins, zwei, drei, vier und Halt! ».

Il est 21h15. L’Harmonie lausannoise finit sa journée à la Fête fédérale de musique avec une photo de groupe et un repas offert. Jean-Daniel Buri tire le bilan: « c’était stressant au début, mais ça s’est très bien déroulé. Nous sommes très satisfaits de nos notes ». -« Et le défilé, ça s’est passé comment? » Il hausse les épaules. « Comme un défilé! »

Laura Lose

 

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