La Corse ne se savoure pas qu’avec les yeux. Sous ses airs de nid à touristes, l’Ile de Beauté a gardé un caractère puissant qui se retrouve dans ses produits phares. Carnet de voyage d’une gourmande en vacances.

Les plages turquoise, la chaleur, le sable fin… et les mets de caractère! Au-delà des zones fourmillantes de vacanciers, la Corse reste une terre indomptable. Ses spécialités fortes en goût permettent de toucher du bout des lèvres son essence, si souvent dissimulée sous des vagues de touristes.

Notre tour gourmand commence par un animal emblème de l’île: le cochon sauvage. À lui seul, il fournit plusieurs viandes séchées qui rendront toutes celles que vous avez goûtées jusqu’à maintenant terriblement fades. Tout d’abord, le lonzu, qui vient du filet de porc. On ne le coupe pas trop fin, pour sentir son onctuosité. Ensuite, la coppa, très salée et en conséquence très vite écœurante.

Et enfin, la star en Corse: le figatellu (Haute-Corse) ou figateddu (Corse du sud), que l’on prononce en avalant la dernière voyelle. D’aspect peu ragoûtant (il ressemble aux excréments de l’animal qui le produit), cette saucisse de foie en forme de U au goût fort et sucré se mange aussi bien froide que grillée. Il paraît que le figatellu est encore plus savoureux en hiver; je me contenterais de déguster la version estivale, et de me demander comment il est possible que cela soit encore meilleur.

Autre animal, autre spécialité: la brebis corse et le fromage issu de son lait, le brocciu (prononcez « brotsch »). Ce fromage frais au goût léger se décline en crèmes et pâtisseries. Parmi celles-ci, le fiadone, au goût citronné. Ma préférence va à l’ambrucciata, gourmandise feuilletée dans laquelle le fromage est plus crémeux.

Quittons maintenant le règne animal pour le végétal. Si brebis et cochons produisent des mets si goûtus, c’est parce qu’ils vivent dans le maquis, cette étendue touffue de plantes diverses qui donnent son identité au paysage corse. Le miel de caractère issu de ces terres est incontournable.

On ne peut parler des spécialités corses sans s’arrêter sur la châtaigne. Reine de tous les desserts, on en fait des flans, des moelleux et surtout d’excellentes glaces. Elle est aussi réduite en farine pour les fameux gâteaux à la farine de châtaigne, secs d’apparence, mais qui ne le sont pas tant. Envie d’une bière? La Pietra, une ambrée au goût de châtaigne prononcé, est partout. En été, je lui préfère la bière blanche corse, la Colomba.

Et s’il vous reste une petite faim, savourez quelques canistrelli, ces biscuits sablés et durs, avec un café. Pépites de chocolat, amandes, orange ou farine de châtaigne, il y en a pour tous les goûts. Pour ma part, je les préfère nature, seulement parsemés de quelques grains de sucre. Bonne dégustation!

Laura Lose

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