À Vienne, en Autriche, une expérience inédite attend le touriste curieux. Pour huit euros, il peut monter dans le ciel de l’Église de Saint-Charles-Borromée. Le dôme, haut de 78 mètres, l’endroit que l’on regarde normalement d’en bas, à s’y tordre le cou. Le voilà accessible, à portée de main, là même ou celles des peintres se sont activées de 1713 à 1737.

La montée en ascenseur

L’ascension coupe le souffle et trouble en même temps. Visiter une Église par le haut alors que tout avait été pensé pour que le peuple le fasse par le bas… Le concepteur Johan Fischer von Erlach n’en aurait certainement plus dormi, ni son commanditaire d’ailleurs, l’empereur Charles VI de la dynastie des Habsbourg.

L’ascenseur à touristes trône au centre de la bâtisse. Construit en 2002 afin de permettre la restauration de la fresque, il est toujours présent en 2016 bien que les travaux soient terminés depuis belle lurette. Il a permis de financer près de 90% des frais de restauration sur tout le bâtiment selon Johannes Pasquali, membre de la fondation en faveur du monument, cité par la télévision autrichienne ORF.

Grâce à la plateforme, le dôme entier devient accessible. Mais attention toutefois à ne pas courir ni sauter sur les échafaudages, prévient une pancarte. D’ailleurs bien courageux celui qui le ferait. La structure bouge déjà sous les pas.

A près de 70 mètres de haut, peu se permettent de faire les malins. La sécurité laisse d’ailleurs perplexe. Seule une caméra surveille l’espace et un téléphone permet de contacter la terre en cas de besoin…

De là haut,  si la peur du vertige est maitrisée, il devient possible d’admirer les peintures sur la fresque. Elles ont été réalisées suite à la peste de 1713 et en l’honneur du Saint Charles Borromée (1538-1584). De près, les fresques sont impressionnantes. Riches de détails, elles livrent aussi de belles surprises comme sur la photo ci dessous. Un ange y brûle des livres. Mais pourquoi donc ? Et qui est cet homme grimaçant à l’air diabolique?

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D’après l’Association des amis et donateurs de l’église Saint-Charles de Vienne, l’écriture est illisible sauf sur la page gauche du livre brûlé. Là, à la quatrième ligne, un luteru est inscrit. Pas de doute possible, l’homme à la cape rouge représente Martin Lüther, le célèbre réformateur et les livres sont ceux de la Réforme.

Bonheur suprême ou sacrilège ultime – selon les points de vue – l’ascension cette fois à pied se poursuit encore jusque tout en haut de la coupole, dans le saint des saints. De cet endroit, par beau temps, la vue sur Vienne est magnifique.

En ressortant du sanctuaire, le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’incroyable domine. Profanation ou partage d’un moment de grâce, la question reste ouverte. Mais Dieu qu’une Église peut être belle lorsque l’on a les moyens de la regarder différemment!

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Crédit photo image de l’image de une: expedia.fr

 

Joël Regli

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