La stra, avec le « r » qui roule. C’est la course à pied de Lugano. Des palmiers, du chaud, du beau, oui! Mais cette année, c’est la première fois qu’elle se court en mai. Jusque là, c’était en septembre et ça devait être moins drôle sans la chaleur. L’erreur de casting est donc corrigée et le mythe peut perdurer: Tessin = soleil.

Le départ des 10 km avec un speaker mythique.


Ce 22 mai, le soleil est là et bien présent. Programme en vue, courir les 10 km… Mamma mia!
Le départ se fait tout en douceur, bouchon oblige. Puis la course se décante. Les routes sont larges et la température est encore agréable. Le début du parcours se faisant en ville, ce sont les bâtiments qui prennent le soleil et il est encore facile de trouver l’ombre. Le peloton, tel un long cordon de fourmis, se calque sur ces corridors plus frais. Tout est incroyablement silencieux. Seul le bruit des semelles résonne sur le bitume, le peloton est concentré.

Première excitation générale lors d’une très légère descente en direction du lac. Les coureurs veulent le voir, le sentir. Mais avant l’eau du lac, ce sera celle du ravitaillement. Il ressemble d’ailleurs à un champ de bataille. Les gens se bousculent, ça crie et le sol est jonché de gobelets vides. Le bitume est inondé et chauffé par le soleil, la même odeur nous embaume les nasaux. Nous voilà à courir après un orage d’été.

La voirie fait la course
De l’autre côté de la route, séparées par de simples cônes, les gazelles arrivent en sens inverse et filent déjà vers le bord du lac. Pas de possibilités de tricher pour les rejoindre, il faut tourner tout au bout, au pont du diable de Cassarate. Là, les sifflements des détecteurs de puces nous accueillent. Et retour dans l’autre sens.

Image tirée de: stralugano.ch
Image tirée de: stralugano.ch

Nous repassons à hauteur du ravitaillement et la voirie est déjà à l’œuvre. Eux aussi, ils en rotent. Les balais volent, les gilets orange tournoient. Petit moment de panique. « Mais quoi, on est aussi lent que ça? On risque de voir bientôt la voiture-balai! » Peur vite dissipée lorsqu’un pauvre bougre déboule dans l’autre sens et nous croise à une vitesse limaçale…

Et c’est le moment de longer le lac, la promenade des Anglais version Lugano. La chasse à l’ombre commence. On se faufile, tantôt à gauche, tantôt à droite de la route pour chercher les ombrages. Une vue magnifique sur le lac s’offre à nous. C’est sans conteste la plus belle partie du parcours. Lorsque le tracé est tournant, il semblerait que nous courons sur le lac tel Jésus sur la mer. L’envie de faire trempette se fait sentir et pourtant, il faut continuer à avancer.
Une première fois, nous passons les arches de l’arrivée et deuxième moment d’excitation. Incroyable, mais tout le monde va plus vite. Les jambes sont plus légères, la piste se transforme en trampoline. Ce n’est plus de la course, c’est une chorégraphie.

Après l’effort, pasta!
Nous sommes environ à la moitié du tracé et comme par magie, juste après ce court moment de gloire et d’euphorie, les jambes se font à nouveau lourdes et les douleurs des petits bobos se réveillent. Il faut encore en garder sous la semelle pour atteindre l’autre extrémité de la rade. Quelques coins magnifiques nous accueillent, comme cette allée bordée d’arbres et qui nous couvre de ses branches. Et puis au loin, un jet d’eau, tel celui de Genève. Tout de suite un phantasme. Et s’il avait été dévié pour nous arroser au passage? Pas de chance, il n’y a que la fontaine au bord de la route et elle est prise d’assaut par une horde d’assoiffés transpirants. La douche attendra. Pour l’instant, il faut se contenter de sueur salée.

Peu avant le huitième kilomètre, on court en direction de l’arrivée et c’est moralement bien plus stimulant. Un deuxième passage tout proche du but annonce la fin imminente de la course et puis c’est déjà le sprint final. Chaud, chaud, chaud. Et, top! Record du monde des 10 km battu… dans mon rêve, évidemment. Mais pas trop le temps de divaguer, juste celui de sécher et de prendre le bus pour la Resega (le stade de hockey du HC Lugano). Là, les pâtes nous attendent: un poil trop cuites, mais quand il s’agit de cuisiner pour près de 5000 personnes…

Jöel Regli


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Crédit photos: Page Facebook StraLugano


La StraLugano de 2016 c’est:

  • 5’260 participants sur toutes les épreuves de:
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  • 10 km (CityRun)
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  • Kids-run
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